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mardi 16 juin 2015

1 article, 4 BD !

Cette BD m’a bien plu. En effet elle nous conte la marche d’un homme en quête de gisements aurifères au nord du Canada dans la région de Klondike.
Dans une atmosphère glaciale et un sentiment d’inconfort que nous évoque les couleurs froides et presque inexistantes des planches de cette BD, le dessinateur nous plonge dans cette quête non sans sacrifices.
J’ai beaucoup aimé le fait de voir qu’à peine le feu allumé et le repas englouti il faut déjà repartir et s’éloigner du feu et de son confort. Il est même dit que c’est uniquement la soumission du chien qui fait  qu’il suit l’homme car sinon son instinct de survie lui dicterait de rester près du feu et de s’abriter.
Cette BD met mal à l’aise et laisse un immense sentiment de tristesse. On se rend également compte de notre petitesse d’Homme face à la Nature.

« Son jugement de chien est bien plus juste que ton orgeulleux jugement d’homme. »
Note Babelio : 2/5


J'ai adoré les planches de cette BD qu’il donne l’impression d’avoir été faites à la peinture à l’huile. Les couleurs se mélangent, s’assemblent, c’est très beau à regarder !
Le dessinateur a dessiné des choses que je ne pensais pas « déssinable » ! A savoir l’impression que les personnages ont le soleil dans les yeux et qu’il tape !
La façon de dessiner montre les drôleries de situations tout comme leurs contraires !
Cette BD nous parle en somme de la petitesse de l’Homme face à la grandeur de la Nature et son pouvoir. (Comme lorsque l’eau veut avaler les personnages ou encore les cailloux qui murmurent…)
J’ai adoré la façon de « glisser » de l’auteur des sentiments et des sujets précis tel que l’admiration d’une fille pour son père et qui le voit comme un super héros. L’auteur représente d’ailleurs cela de façon exagérée (le père qui porte une cape de super héros soudainement)
Cette BD nous parle également de l’intérêt de la marche, des treks, du canyoning pour réfléchir à sa vie, se retrouver, prendre le temps de penser à soi et à ses choix à venir.


Note Babelio : 3/5 



Il s’agit de l’histoire d’une jeune femme qui se retrouve sur un banc et qui ne sait soudainement plus qui elle est. Elle va donc se mettre en quête de son identité, s’imaginer sa vie, voir où elle travaille, où elle habite, qui sont ses amis.
C’était très marrant la façon dont elle se comporter dans son appartement comme si ce n’était pas chez elle. Par exemple elle ne prend pas « sa » brosse à dent ou elle dit « c’est quoi SON problème avec les fruits ? » ou encore elle enlève les cheveux de « sa » brosse.
Pour le coup, le fort de cette BD c’est l’aspect drôle de la situation. En effet elle se demande même si des gens ne lui ont pas effacé la mémoire…
Cependant je n’ai pas trop aimé la façon de parler de la jeune femme mise en scène dans cette BD, et les dessins non plus (par pur question d’attrait esthétique et de goût.)
En bref, c’est léger, actuel et drôle ! 
Note Babelio : 2/5 


Cette BD m'as attiré l’œil par ses couleurs pastels et ses dessins détaillés ! L'histoire est assez courte, sympa par l’atmosphère imaginaire qu'elle dégage mais justement on reste grandement sur notre faim ! J'ai tout particulièrement apprécié l'exagération de l'auteur sur l'épopée des "nains" qui sont a la recherche d'un souffleur de nuages. En effet il est dit qu'ils ne savent plus depuis combien de temps ils voyagent, en quelle année ils sont et pourquoi il font se périple ! Sympa, court et joli mais insuffisant pour moi ! 


Note Babelio : 1/5

mardi 9 juin 2015

Contrecoup, Nathan Filer

" Je vais vous raconter ce qui s'est passé, parce que ce sera un bon moyen de vous présenter mon frère. Il s'appelle Simon. Je pense que vous allez l'aimer. Vraiment. Mais dans quelques pages il sera mort. Et il n'a plus jamais été le même après ça." Matthew a 19 ans, et c'est un jeune homme hanté. Hanté par la mort de son grand frère, lors de vacances à la mer, dix ans auparavant. Hanté par la culpabilité. Hanté par la voix de Simon qu'il entend partout, tout le temps : dans le bruissement des feuilles des arbres, dans le crépitement des bougies d'anniversaire, dans le murmure de la marée... Dernier lien qui l'unit au frère disparu pour Matthew; "allucinations de commande", disent les médecins. Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui " ressemble à un serpent ". Pour comprendre son passé et s'en libérer enfin, Matthew écrit, dessine, jette ses pensées sur le papier, tente de remonter le fil du temps. Il raconte l'enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents; l'adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana; la lente descente dans la folie, l'internement... Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l'hôpital psychiatrique – "Je vis une vie faite de copiés-collés", les soignants débordés mais qui font de leur mieux, l'ennui abyssal : " il n'y a littéralement rien à faire "... Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde. Bouleversant, tourmenté, souvent drôle, Contrecoup est avant tout baigné d'une profonde humanité. C'est un roman déchirant, tendre et courageux, porté par une voix absolument unique.

Un livre dont je n'arrêtais paaaas d'entendre parler ! Il FALLAIT le lire c'était irrésistiblement tentant ! 

Au début du livre je trouvais qu'il était difficile de savoir quel âge avait Matthew. On passait du passé au présent parfois et je m'y perdais un peu. J'avoue ne pas avoir été terriblement concentrée au début de ma lecture donc bon haha c'est peu être pour ça !

Au début Matthew ne nomme pas directement sa maladie, elle n'est que suggérée et ne finie par être nommée qu'a la page 273 ! J'ai trouvée ça appréciable, comme contrairement au très connu "Nos étoiles contraires" on ne commence pas d'emblée avec la question de la maladie et elle n'est pas au centre de l'histoire ! Là c'est Matthew qui est au centre de l'histoire, Matthew ET sa maladie ! Et non Matthew qui est malade. J'aime beaucoup cette approche.

J'ai adoré le travail de "Creative Writing" de Nathan Filer. Des dessins, des polices d'écriture différentes, des mots, des phrases qui se baladent sur les pages... J'ai trouvé ça vraiment excellent et ça m'as donné envie de lire d'autres livres de ce type ! Le genre de livre qu'on veut avoir pour soi !

Petite aparté "Éducative" (Pour ce qui ne le savent pas je suis en formation d’éducatrice Spécialisée) j'ai Ado-ré l'approche qu'a eu le policier qui interroge Matthew page 294. - Parenthèse fermée.

Pour finir j'ai beaucoup aimé l'approche que "Matthew" a eu avec l'écriture, comme une thérapie pour faire le deuil de son frère, comprendre, se comprendre, revenir sur tout ce qui s'est passé. (Pour ceux qui apprécient ce type d'écriture : jetez vous sur "Rien ne s'oppose à la nuit" de Delphine de Vigan - ma chronique ici !) A tel point que j'avais l'impression que c'était Matthew lui même qui écrivait et pas un auteur ! Il nous parle à nous directement est ça nous aspire.

Pour les Éducateurs, Infirmières ce livre est très intéressant à lire vis à vis de la façon de traiter les personnes en proie à la schizophrénie. Ce livre va au delà d'un roman. Il nous sensibilise également énormément au quotidien en hôpital psychiatrique et a cette routine pesante qui s'y creuse.



"Lire, c'est un peu comme halluciner." p 125

"Le service comptait dix-neuf lits, et quand des patients partaient, d'autres arrivaient : c'était l'hôtel le plus loufoque au monde." p 230

" J'ai compté : trois mugs, un tapis de souris, un lot de stylos, deux blocs de Post-it et l'horloge murale -tous arborant des noms de médicaments différents. C'est comme d'être en prison et d'être obligé de mater de pubs pour des putains de serrures..." p 264


Note Babelio : 4/5